mardi 15 janvier 2008

Michael Wesely et un instant de deux ans

En écrivant un texte pour mon bouquin de photos, je me suis rappelé de ce photographe qui m'avait pas mal marqué à l'époque, qui faisait des photos avec un temps de pose de 2 ans à la Potsdamer Platz et au MOMA (je me suis d'ailleurs acheté le bouquin qui arrivera un de ces quatre) figeant ainsi les fantômes des acteurs de ce long instant.
Si ce genre de travail et la Potsdamer Platz vous intéresse vous pouvez aller voir le travail d'un autre Michael, Ruetz lui, dont j'ai vu une exposition qui s'appelle Eye on Time et qui propose quant à lui, plusieurs photographies de Berlin avec deux ans d'intervalle. La similarité de la démarche est plutôt marrante mais le résultat n'est pas du tout du même ordre...





Bon j'imagine que ce blog est propice à toutes les explorations de toutes façons dont je vous propose (et vous soumet par la même occasion d'ailleurs), cette partie de mon texte donc, qui n'est pas encore achevée:

L’instant, paradoxalement, n’a pas de durée fixe. L’instant représenté peut aussi bien être, cet homme de Cartier Bresson, dont la silhouette et le reflet se rejoignent par l’intermédiaire d’une flaque d’eau pour une fraction de seconde, que l’Empire State Building d’Andy Warhol filmé fixement pendant vingt quatre heures. Comment pourrait on seulement prétendre à déterminer une valeur de temps qui définirait un instant ?
L’instant est propre à la fiction. Il correspond exactement à la valeur temporelle de ce que Gilles Deleuze appelle, les blocs de mouvement-durée, à propos de la création cinématographique. La photographie, elle aussi, crée ces blocs de mouvement-durée. A partir de là, il serait facile de prétendre que la durée photographique est nulle. Ce serait pourtant se tromper lourdement. La particularité de la photographie est de compacter son bloc de mouvement-durée en une image unique, lorsque le cinéma en compte vingt quatre par seconde. Mais, une image ne signifie pas que la temporalité est nulle. Je peux d’ailleurs ici, lâchement évoquer un exemple extrême qu’est celui des photographies de la Potsdamer Platz de Michael Wesely, dont l’appareil photo a comprimé en une image, deux années entières de théâtralité urbaine berlinoise. Le résultat de ce temps de pose de deux ans, est un mouvement fantasmagorique des divers acteurs de cette pièce territorialisée.

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