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mardi 12 février 2008

temps fractal

Joël de Rosnay
Directeur de la Prospective et de l'Evaluation
Cité des Sciences et de l'Insdustrie – Paris
Référence : "L'homme Symbiotique", Editions du Seuil, 1995, pp 340-34

Notre vision du temps et de la durée appliquée aux systèmes complexes est encore linéaire et unidimensionnelle. Nous avons tendance à considérer que les processus évolutifs s'inscrivent sur des courbes extrapolables se déroulant dans un univers vide, pur et parfait, sans influence directe sur l'évolution des systèmes qu'il englobe. En réalité, les évolutions des sous-systèmes de la société peuvent être représentées par des faisceaux de courbes décrivant des phénomènes non linéaires affichant des courbures plus ou moins importantes selon les vitesses d'évolution. A une date donnée, tous les points co-existent dans une tranche de présent mais possèdent des potentialités évolutives différentes.

Il semble que la densité des informations, sorte de " masse critique informationnelle ", crée une " bulle temporelle " ayant des constantes d'évolution propres. De même que la masse d'une étoile " courbe" l'espace-temps, ainsi que le montre la théorie de la relativité, une masse critique d'information de très haute densité - résultant de multiples interactions, traitements parallèles et réseaux ramifiés de communication - " densifie " le temps. Les processus évolutifs pourraient donc être représentés dans des bulles temporelles, certes coexistants à un moment donné, mais présentant en interne des vitesses et donc des potentialités d'évolution, d'autosélection et d'exclusion compétitive très différentes par rapport à celles d'autres bulles. Cette représentation me paraît introduire une nouvelle dimension dans l'appréciation des phénomènes évolutifs complexes.

Par exemple, pour décrire les processus d'évolution, on utilise souvent les termes d'accélération, d'autocatalyse, d'auto-organisation, d'émergence… ainsi que ceux, plus répandus, de révolution, de mutation, de crise ou de rupture. Ils introduisent une relation particulière au temps et à la durée. Cette référence implicite et constante à la durée semble s'opposer au temps traditionnel des horloges. Il s'agit de phénomènes mesurés par le temps mais en conflit avec le temps. Par référence à un océan temporel immuable, on dit que des propriétés nouvelles "émergent", que des structures improbables "s'auto-catalysent" et "se sélectionnent", ou encore que des évolutions "s'accélèrent". Ces expressions, souvent employées en biologie ou dans la théorie du chaos, sont révélatrices. Comme si une dynamique propre à chacun de ces phénomènes imposait sa loi au temps. Pourquoi le temps lui-même ne changerait-il pas ? L'étalon de référence pourrait se dilater "de l'intérieur" ou se contracter "de l'extérieur". Une nouvelle relativité du temps pourrait naître, enrichie par l'expérience de la biologie et des sciences de l'information.

Evolution, information et temps potentiel

Une voie nouvelle serait sans doute à rechercher, comme je le propoe dans " l’Homme Symbiotique " du côté des relations entre le temps et l'information. On peut se demander en effet si la vitesse (perçue) de l'écoulement du temps ne serait pas liée à celle de la production d'information.

Je propose en effet de considérer l'information comme du temps potentiel, comme une " réserve de temps ". Plus nous créons de temps potentiel, plus nous compensons indirectement l'écoulement du temps universel. Pour mieux justifier cette proposition, il me faut revenir à des analyses faites dans " Le Macroscope " et dont je résume ici les grandes lignes .

Nous sommes enfermés dans ce que j'ai appelé le "chronocentrisme", la prison du temps. Nous ne pouvons expliquer le monde que de la cause vers l'effet. Nous avons ainsi associé causalité linéaire et chronologie, les causes précédant toujours les effets. Cette vision du monde est celle de l'explication par les causes, de la réduction de la complexité par l'analyse.

Mais la cybernétique a ouvert une autre voie. Dans une boucle de rétroaction, la causalité est circulaire : la flèche du temps se referme sur elle-même. Les effets peuvent précéder leurs causes. Le sens de l'avant / après est bouleversé, la chronologie mise à mal. De ce fait, explication et implication ; savoir et sens ; causalité et finalité ; déterministe et finalisme, apparaissent comme autant d'alternatives irréductibles liées au problème du temps. Car c'est la référence à un unique sens de l'écoulement du temps qui les renvoie dos à dos. Celui du temps universel mesuré par les horloges, du temps de l'entropie croissante, de la désorganisation de l'univers selon le deuxième principe de la thermodynamique. Celui aussi de notre vie fléchée vers la mort, que nous faisons coïncider avec le temps de l'évolution du monde.

Mais il existe, on le sait, une évolution, en apparence, opposée au temps de l’entropie. L'évolution de l'accroissement de la complexité, de la création d'informations originales que l'on constate dans l'évolution biologique et dans l'évolution technico-sociale. Au principe de la thermodynamique pourrait être opposé, selon les termes que j'emploie dans " l'Homme Symbiotique ", un principe de la symbionomique : l'auto-organisation de la matière vers des systèmes de complexité croissante.

L'évolution biologique, par l'information contenue dans les gènes, a produit du temps potentiel. L'homme relayant désormais l'évolution biologique par l’évolution technologique et numérique, crée, par l'intermédiaire de l'information, un capital-temps utilisable aujourd'hui et par les générations futures. Une publication scientifique, un plan, une bibliothèque, une banque de donnée, un moteur de recherche, une culture ou une oeuvre d'art sont comparables à des réserves de temps potentiel. Ce capital-temps produit des "intérêts" sous forme de temps, accélérant par autocatalyse le processus évolutif. La création d'un original demande de la durée mais l'obtention de sa copie est, à la limite, instantanée. L'acte de création est toujours historique ; celui de la copie n'est que banal. Le premier capitalise du temps tandis que le second ne fait qu'actualiser une réserve déjà accumulée.

Une situation nouvelle est créée par la vitesse à laquelle les hommes produisent de l'information originale. Cette information accroît la complexité, et la complexité génère du temps potentiel : elle ajoute du temps au temps. Elle crée du temps dans le temps. Un système de haute complexité (comme une cellule vivante ou un réseau informatique) emprisonne du temps. Par cette fermeture, il crée une bulle temporelle qui lui est propre et qui représente l'environnement de son évolution.

Jusqu'à présent, la vitesse de génération de complexité et d'information ne suffisait pas à compenser et à équilibrer la vitesse de désorganisation entropique. Le temps des horloges primait. Aujourd'hui, avec la puissance de l'informatique, la constitution des hyperréseaux et des mémoires de masse, la densité du temps se modifie.

Pour aider à visualiser la densification du temps, j'imagine que puissent exister des "particules de temps". A côté des photons, particules de lumière, des électrons, particules d'électricité, des gravitons, particules associées au champ de gravité, je propose (pour la réflexion) l'existence de "chronons", particules de durée. De même que la lumière est la manifestation tantôt d'une onde électromagnétique tantôt d'une particule (le photon), le temps existerait soit sous la forme d'une onde (la durée) soit d'une particule (le chronon). C'est pourquoi on ne pourrait penser et vivre le temps que sous la forme d'un flux ou d'une juxtaposition d'instants. Une sorte de principe d'exclusion du temps semblerait ainsi exister.

Un flux de chronons pourrait-il présenter des intensités différentes ?

Un réservoir d'information, je l'ai dit, est analogue à du temps potentiel. Suivant l'image proposée, il génère un flux de chronons proportionnel à la quantité et à la qualité de l'information stockée. L'intensité de ce flux est mesurée par unité de temps conventionnel, mais aujourd'hui, la production accélérée d'information accroît le flux de chronons par unité de temps. Son intensité, sa densité augmentent. Un capital-temps produit un flux de chronons proportionnel à sa masse critique. Un chronon "lourd" d'aujourd'hui vaut peut-être 1000 chronons du Moyen Age ! alors que l'on utilise toujours le même étalon de mesure universelle. Faudrait-il désormais parler d'une quantité d'information par unité de temps ou d'une quantité de temps potentiel par unité d'information créée ? De bits par seconde ou de chronons par bits ?

La mise en parallèle de temps séquentiels contribue également à densifier le temps. Ordinateurs parallèles, réseaux de neurones, fourmilière, marché, bourse et réseaux télématiques sont des multiprocesseurs qui transforment des temps séquentiels en temps parallèles. La quantité d'information disponible pour chaque personne, mesurable en bits par neurones et traitée par les prothèses du cerveau, progresse de manière exponentielle. L'intensité du temps (le flux de chronons) s'accroît. Des bulles temporelles se forment et évoluent dans leur dynamique propre. La création d'informations originales, la mise en réseau et en parallèle d'informations, leur mémorisation dans des banques de données, "courbent" l'espace-temps en produisant un bassin, un attracteur.

Le temps fractal

La création de temps potentiel peut être replacée dans le contexte des systèmes chaotique au sein desquels une multitude d'agents produisent et diffusent de l'information en parallèle. Les systèmes complexes qu'ils créent forment autant de bulles temporelles évoluant simultanément. Dans un réseau de réseaux comme Internet, chaque utilisateur densifie le temps de l'intérieur. Le cyberespace entre ainsi en expansion : l'intérêt produit par ce capital s'y réinvestit de manière cumulative. Utiliser le cyberespace revient à réinvestir de l'information dans ce capital-temps et à le valoriser. Les créateurs qui travaillent sur Internet sont rémunérés en informations à plus haute valeur ajoutée. A la différence d'un capital thermodynamique (de l'énergie) qui s'use quand on s'en sert en se transformant irréversiblement en entropie, un capital symbionomique (de l'information) se valorise à l'usage. Il produit toujours plus d'intérêts: il "irradie" des chronons.

Chaque bulle temporelle créée par un système complexe (organisme vivant, société) constitue, à mon sens, une bulle temporelle fractale. Elle est le reflet du macro et du micro. Comme toute structure fractale elle contient en germe la structure d'ensemble. Le temps symbionomique que je propose ne serait pas linéaire, mais fractal. Chaque bulle temporelle créée par un système complexe exprime des densités différentes du temps. Ces temps coexistent car leur évolution est mesurée par le même temps universel.

Ces bulles temporelles forment donc des ensembles contemporains, hiérarchiquement organisés en fonction de leur densité temporelle. C’est la création de bulles fractales nouvelles au sein de celles qui existent déjà qui correspond, à mon sens, au phénomène d'émergence. Quand leur densité temporelle forte révèle brusquement leur présence au sein de bulles à densité faible, on parle de mutation ou d'explosion. Ce qu'on appelle "révolution d'ordre technologique" (révolution industrielle, biologique ou numérique), "explosion d'un secteur sur lui-même" ou encore "mutation décisive", représente l'éclosion d'une bulle temporelle au sein de notre univers de référence. Il y a prise de conscience, soudaine et collective, de l'existence d'un système complexe en évolution accélérée. Il y a perception d'une densité plus forte du temps et de la "courbure" particulière de notre espace-temps familier par suite de la genèse d'une masse critique d'information.

C'est le cas de "l'explosion" des communications. La concentration des réseaux, des techniques informatiques et des supports multimédias densifient le temps à un point tel que l'ensemble du secteur s'autosélectionne et émerge à partir d'un fond à densité plus faible, à la manière d'un signal se distinguant d'un bruit de fond. Dans le cadre de l'origine de la vie, l'émergence d'un ensemble de molécules formant un réseau autocatalytique relève du même phénomène. Les premiers systèmes vivants se sont enfermés dans des bulles temporelles qui se sont distinguées du bruit de fond indifférencié de la "soupe primitive", et ont évolué par production interne d'autres bulles plus denses encore.

Vivre des intérêts du capital-temps

Cette approche du temps potentiel s’ouvre à de nouvelle manière de vivre le temps. D’habiter son temps.

L'évolution symbionomique produit du capital-temps générateur " d'intérêts temporels ". Cette propriété peut s'appliquer à la gestion du temps de notre vie personnelle. Nous rencontrons des difficultés à organiser notre temps. Souvent surchargés, débordés, dépassés, nous courons à sa poursuite. Chaque activité nouvelle nécessite la suppression d'une activité existante car le temps disponible n'est pas extensible. Avoir du temps devant soi est un rêve souvent irréalisable pour une grande majorité de responsables. Une des raisons en est le découpage d'un temps linéaire en séquences spécifiques : minutes, heures, jours, semaines, week-end, mois, vacances, années, périodes de formation, de vie professionnelle, de retraite… Un tel temps n'est ni compressible ni extensible. En revanche, si on adopte une gestion non linéaire de son temps, on peut générer des niches d'activités nouvelles sans obligatoirement en éliminer d'autres. Il faut pour cela investir du temps dans la création d'un capital-temps (une bibliothèque, la micro-informatique, un système de gestion de fichiers, un réseau télématique, une oeuvre artistique…), un capital qui génère des intérêts.

Un capital-temps bien valorisé et fructifié permet de vivre de ses revenus temporels grâce aux intérêts qu'il produit. On ne puise plus directement dans son capital-vie, dans son temps linéaire séquencé et synchronisé de l'extérieur par une entreprise ou la société dans laquelle on vit. L'informatique personnelle et l'accès aux réseaux télématiques constituent de puissants catalyseurs dans la création et l'entretien de son capital-temps. Ce sont des outils essentiels pour qui veut gérer son temps. Certes pour être plus "efficace" dans ses activités, mais surtout pour donner plus de sens à sa vie.

Les coévolutions planétaires qui se produisent entre la biosphère, la technosphère et l'écosphère (économique et écologique), se déroulent à des vitesses différentes, dans leurs sphères respectives de plus en plus dématérialisées et au sein de couches évolutives superposées. Il est donc indispensable de prendre en compte la variété des situations et les effets amplificateurs des divergences temporelles au sein des sociétés humaines. A l'échelle du monde, l'isolement des sociétés les plus développées dans leur bulle temporelle de haute densité pose le problème de l'exclusion. La compétition entre bulles temporelles de densités différentes conduit à l'élimination de celles dont la densité est la plus faible, ce qui se traduit par la divergence temporelle des rythmes d'évolution. Dans un monde aux ressources rares, l'appropriation accélérée par quelques uns des flux vitaux élimine progressivement les autres de la compétition. Comment partager les ressources énergétiques, alimentaires, financières, ou les connaissances dans un monde fragmenté, tout en respectant la diversité des cultures et les libertés individuelles ? Vivre dans des bulles fractales différentes revient à vivre derrière des frontières temporelles. Les densités de flux du temps sont mutuellement exclusives. Un tel partage est pourtant indispensable si l'on veut éviter les processus irréversibles de l'exclusion compétitive entre communautés, peuples et nations.

Les sociétés industrialisées commencent à se développer et à évoluer dans des bulles temporelles en sur-accélération. Il appartient aux hommes d'éviter qu'il ne crée des déséquilibres préjudiciable à l'avenir de l'humanité.





lundi 4 février 2008

TAZ

Bruce stierling : Roman futur proche: hypothèse
"le declein des systèmes politiques génèrera une prolifération décentralisée des modes de vie expérimentaux"p8

iles pirates/zones autonomes. Créationde réseaux, système d'information.

croire en la possibilité" d'enclaves libres" ne pas dire" je ne serai pas libre tant que tous les humains( ou toute créature sensible)ne seront pas libres" p 9

P11 " si l'histoire est le "temps", comme elle le prétend, alors le soulèvement est un moment qui surgit de et en dehors du temps, et viole la "loi" de l'histoire. Si l'histoire est le "temps" comme il le prétend, alors l'insurrection est le moment in terdit, la négation impardonable de la dialectique. Grimper au mat pour sortir par le trou du toit, une manoeuvre de chaman qui s'execute selon un "angle impossible" dasn notre univers."

p12 " l'histoire dit que la révolution atteint la "permanence", ou tout au moins une durée, alorsque le soulèvement est "temporaire".
soulèvement=expéreince maximale diff du standard de la conscience et de l'expérience " ordinaire".

Les soulèvements comme les festivals ne peuvent être quotidiens, sans quoi ils ne seraient pas "non-ordinaires"

rêve anarchiste de la "zone autonome qui dure"

TAZ: "opération de guerilla qui libère une zone ( de terrain, de temps, d'imagination), puis se dissout, avant que l'Etat ne l'écrase, pour se reformer ailleurs dans le temps ou l'espace" p14

TAZ: invisibilité: dès qu'elle est nommée, doit disparaitre. Laisse une coquille vide

Soulèvement différent de révolution
" fermeture de la carte"
dernière parcelle de terre n'appartenant à aucun état absorbée en 1899 p 16
Carte fermée mais zone autonome ouverte

p18 1.Antropologie naturelle de la taz contre la famille nucléaire: la bande
2. TAZ en tant que festival
3. Concept de nomadisme psychique ou " cosmopolitisme sans racine"

p24 : Aujourd'hui vitesse et fetichisme de la marchandise crée une fausse unité tyrannique: baisse de l'individualité et de la diversité culturelle pour qu"un endroit en valle un autre": "créationde gitants, voyageurs psychiques poussées par le désir et la curiosité, des errants à la loyauté superficielle, détachés de tout temps et tou lieu, à la recherche de la divesité et l'aventure"

P25 "nomadisme psychioque en tant que tactique déplace le paradoxe d'un mode passif à un mode actif, même violent.

Carte à l'echelle 1:1 de limitation de l'esthétique, des valeurs; carte du net et du contre net ac flux et logistiques clandestines

Le net et le wab p 26
net : totalité des transferts d'info et de communicatiuon contenant:
web : structure d'échange d'info horizontale et ouverte, le réseau non hiérarchique
Contre net : usage clandestin, illégal et rebelle du web.
" le web offre un support logistique à la TAZ mais lui permet également d'exister" p 28

TAZ sur le web: infinité de temps et d'espaces compactés.
p30 : la TAZ veut éviter la médiation. Elle expérimente son existence dans l'immédiat.

P39 la TAZ ne se soucie guère du "a été" ou du "sera" . Elle s'interesse au résultat

jeudi 31 janvier 2008

Le mois de la science fiction à l'ENS


Trois petites conférences sur le temps dans la science fiction, organisées dans le cadre du mois de la science fiction en mai 2006 à Normale Sup.
C'est plutôt intéressant voire carément intéressant parfois, et je ne suis pas sûr qu'il faille connaître tant que ça de références de toutes façons:

http://www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=1231 --> Aberrations temporelles dans la littérature de science-fiction (ne pas trop rigoler à l'accent quebequois)

http://www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=1285 --> Temps désaccordés et mondes clignotants

http://www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=1282 --> Sur quelques paradoxes temporels (le tout est de se demander si l'éventualité d'une machine à voyager dans le temps à n'importe quelle époque, ne nous aurait pas déjà permis de rencontrer un homme du futur ???...)

vendredi 25 janvier 2008

Yves Klein


Anthropométrie de l’époque bleue (ANT 82), 1960
Pigment pur et résine synthétique sur papier monté sur toile
155 x 281 cm

""Anthropométrie" est le terme inventé par Pierre Restany (anthropo, du grec anthropos : homme, et métrie : mesure) pour nommer ce que Klein désignait comme "la technique des pinceaux vivant". Et c’est bien une mesure du vivant que l’artiste veut communiquer et met au point en 1960.

Les Anthropométries sont le résultat de performances réalisées en public avec des modèles dont les corps enduits de peinture viennent s’appliquer sur le support pictural. Avec cette technique, Klein propose un retour à la figure, mais dans un espace pictural où l’illusion de la troisième dimension disparaît au profit d’une peinture qu’il appelle "première", où se confondent sujet, objet et médium, et qui est la trace littérale d’une présence du modèle sur le tableau.

Cette technique par contact est à rapprocher de celles des Cosmogonies, des Moulages (effectués sur la végétation ou les corps) et des photographies réalisés par Klein entre 1960 et 1962 : "Le tableau n’est que le témoin, la plaque sensible qui a vu ce qui s’est passé. La couleur à l’état chimique, que tous les peintres emploient, est le meilleur médium capable d’être impressionné par l’événement".

Si les Anthropométries révèlent le beau à partir d’une captation du monde (celle de la présence du modèle), leurs mises en scène participent elles aussi de la conception que Klein se faisait de l’art : faire advenir dans le moment vécu, par la surprise et la provocation, une sensibilité nouvelle. Anthropométrie de l’époque bleue a été réalisée sous forme d’une performance en 1960 à la Galerie internationale d’Art contemporain.

Les Anthropométries ont souvent été comparées à l’Action Painting de l’artiste américain Jackson Pollock. Les intentions en sont pourtant radicalement différentes : ici ce sont des corps humains qui s’expriment sous la direction, distante, de l’artiste ; là c’est la subjectivité profonde du créateur qui cherche à se révéler dans la peinture."


http://www.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-yves_klein/ENS-Yves_Klein.htm

mercredi 9 janvier 2008

le voyage: essence du roman (temps+epace)



"Un roman c’est un miroir qu’on promène le long d’un chemin "

Stendhal, Le rouge et le noir

vendredi 21 décembre 2007

Paul Virilio à l'European Graduate School

et voilà comme promis ! Dromologie et Claustrophobie en février 2007 (je ne poste que la première car ça se divise en 16 vidéos) --> http://www.youtube.com/view_play_list?p=0E36B727EAFCB31D

dimanche 16 décembre 2007

R&sie / I've heard about

« J’ai entendu parler d’une chose qui ne se constitue qu’au travers de scénarios hétérogènes, multiples et contradictoires, d’une chose qui refuse l’idée même qu’une prévision puisse être émise quand à sa forme de croissance, quand à la détermination de son futur.
Un chose informe qui se greffe sur un tissu existant, une chose qui ne cherche pas de point de fuite pour justifier de son existence mais accepte de palpiter, de s’immerger dans un état vibratoire, « ici et maintenant ». »
François Roche


Extraits et notes

STIMULIS
LOIS consubstantielles au lieu, sans effort de mémoire.
FICTION comme principe de réalité
Les habitants profitent d’un temps présent, non différé, un temps qui alimente directement la forme de la structure territoriale.
ZONE FRANCHE ET LIBRE vivre avec et répéter l’expérience du commencement

Coissance de la ville « en rien redevable au chaos ou à la nature informe ». « Elle s’appuie sur des proédures réelles qui génèrent les substances et les modes opératoires de son évolution ».


Le monde est terrifiant lorsqu’il s’accroche à un semblent de prévisibilité, lorsqu’il cherche à preserver une unité factice.

PROTOCOLE TERRITORIAL
La structure urbaine I’ve heard about est un organisme habitable. Elle s’élabore sur des scénarios adaptatifs, transitoires dont l’incertitude est le mode opératoire
S’écrit à partir de
Scripts de croissance
Algorithmes ouverts
Données chimiques de ceux qui l’empruntent
Cette BIOSTRUCTURE devient la partie visible des contingences humaines et de leurs négociations en temps réel.
Fabrication non déléguée à une puissance politique risques :

Nier les procédures d’échange
Dessiner les contours par anticipation, par mnemosys ou par contrainte

Schémas génératifs

1. entropies
1.0 la structure habitable est la résultante d’un « mouvement en train de se faire » biotropisme basé sur des processus de croissance locale
1.1 « n’anticipe pas, mais réagit »
1.2 viab engin constructeur mode double : variabilité/ viabilité
1.2.1 « contour crafting »
1.2.2 « accrétion locale et ponctuelle » pas de planification mais tient compte de la viabilité ( structure )
1.2.3 Temps t tous les viabs fonctionnent à partir du même algorithme mais en fonction de données différentes
1.3 forme emis incertaine, imprévisible
contre l’anticipation qui fait de l’espace un système de control social.
1.3.1 nature du processus : indéterministe
1.3.2 espace impliqué indéterminé, supposé inachevé.

1.4 inputs :
_externes : existant, mode d’accessibilité ; limites structurelles, apport lumière naturelle dimensionnement+ épaisseur des alvéoles habitables….
_ internes: chimiques
_ électroniques implications personnelles.. individualisme…
1.4 .1 viab pour alchimie
1.5 algorithme open source variabilité fruit de partage et négociations
1.6 bio structure comme une greffe
1.7 bio structure régionalisée


2.biorésidents

Droits du resident validés car il est sur le lieu
Peut se l’approprier, l’étendre, le transformer, le détruire

2.1 requêtes soumises à l’influence des stimuli chimiques de la multitude
2.2 partir pour stopper l’échange
2.3 habiter vaut propriété

3. Aliénation volontaire
4. biopolitique
L’individualisme créatif est un principe générique
Le résident a accès aux données qui conditionnent l’évolution de la biostructure
Accéder aux données/ interagir sur la structure

Base de donnée : Consultation
Récepteur des impulsions individuelles
Absence d’impulsion par plus d’un tiers de la population la rend caduc

Toute proposition peut être présentée sous deux formes : l’un constitutive et pérenne, l’autre expérimentale et temporaire

5. Open source

Schémas résultants

6. usages
Nouveau résident : 2 modes d’occupation :
Entropique : négocier une croissance de la structure
Nomade : s’approprier une alvéole abandonnée

Acquisition d’un crédit de temps permettant l’utilisation du viab

On distribue à l’habitant un kit d’habitabilité, qu’il peut ensuit modifier, la figer
Départ, obligation du résident d’une remise en état d’origine détruire ensemble des constructions pérennes.

7.scripts
Réponds à des données. Reste une part d’aléatoire due à l’impossibilité d’une planification. Même à court terme.

8 ; ANOMALIES

mardi 11 décembre 2007