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jeudi 28 février 2008

Stabilité. Quotidien.________________________________________________________________________________

L’homme a besoin de rituels, de répétition, qui lui offrent une certaine stabilité.

Dans la ville, le passant aime aussi retrouver ce qu’il connaît, savoir que certaines choses seront ici dans 10 ans, presque intactes, lorsqu’il rentrera après une longue absence. Il retrouvera sa mémoire à travers ces lieux inchangés. Ceux-ci lui permettront de reconstituer l’image en entier, de noter les plus grandes variations. Il sera alors excité, angoissé, témoin de disparitions, de naissances… Il éprouvera la ville.

L'homme a besoin de sécurité. Savoir que son toit résistera. L'imprévu, l'accident lui font peur.
Nous n’imaginons pas une ville où tout est incessamment en palpitation, éphémère, instable. La ville continue à durer, à intégrer son histoire. Parfois ville de pierre, mais jamais pétrifiée.

L’évènement est nécessaire, l’imprévu, le peu commun. Mais c’est aussi le risque de sa perte. L’homme dans son quotidien, ses habitudes, dans l’ordinaire. La ville avec ses rythme, ses compositions, doit aussi intégrer ce qui est de l’habituel et de l’événement. Offrir un équilibre. Une multiplicité de rythmes.


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lundi 25 février 2008

par habitude_rythmes cycliques

et si le soleil ne se levait pas
et si la nuit ne venait pas
et si la maison disparaissait
et si la serrure était changée
et si les amis ne se reconnaissait plus
et si tout fuyait, glissait ?

reconnaître

reconnaître
se souvenir
se repérer
identifier
s'entrainer
rester
revenir
retrouver
s'habituer
apprivoiser
rejoindre
demeurer
durer
tenir
répéter

vendredi 22 février 2008

Rue Vilin

Dans l'infra-ordinaire, quand Perec raconte sa rue, année après année,répertoriant à chaque fois les éléments de la rue : certains immeubles sont identiques d'autres on disparu, certain on été modifié. La rue est à l'image de ses habitant, chaque fois il voyait si la laiterie était toujours là.. Un jour il ne la voit plus, mais les éléments intactes qui l'entourent lui permettent de se remémorer un temps passé...

extrait :
"dimanche 5 Novembre 1972 ( inventaire précédent 13 Janvier 1971)
vers quatorze heures

Le n°1 est toujours là. Le 2, le 3: couleurs et confections " Au bon accueil"; Le 4 : Boutonniériste ( fermé); Le 5 : Laiterie devenue plomberie? Le 6 : coiffure. Le 7 : détruit. Le 8, le 9? Le 10: parage de peaux; Le 11 : détruit; Le 12 : Selitiber, le 13 : détruit; le 14 : un immeuble détruit, une boutique encore debout ; le 15 : entièrement détruit. Le 16? Le 17: bar-caves. Le 18 : Hotel de Constantine. 19? 20? 21 détruit. 22 : hôtel café. 23? 24 toujours intact, 25: un magasin fermé; 26: des fenêtres murées, 27 muré, 28,30,36 toujours debout.
Un chat tigré t un chat noir dans la cours du 24.
Après le 27, côté impair, plus rien; après le 36, côté pair, plus rien. Sur l'immeuble du n°30, des affiches de Johny Halliday.
Tout en haut : APPLICATIONS PLASTIQUES.
Dans le terrain vague il y a un chantier de démolitions.
Des pigeons, des chats, des carcasses de voitures.

J'ai rencontré un enfant de 10 ans ; il est né au 16: il part dans son pays, Israël, dans huit semaines."
Georges Perec L'infra-ordianaire

Infra-ordinaire

"Ce qui nous parle, me semble-t-il, c'est toujours l'évènement, l'insolite, l'extra-ordinaire: cinq colonnes à la une, grosses manchettes. Les trains ne se mettent à exister que lorsqu'ils déraillent, t plus il y a de voyageurs morts, plus les trains existent(...)Il faut qu'il y ait derrière l'évènement un scandale, un fissure, un danger, comme si la vie en devait se révéler qu'à travers le spectaculaire, comme si en parlant, le significatif était toujours anormal(...)"

"Les journaux parlent de tout, sauf du journalier. Les journaux m'ennuient, ils ne m'apprennent rien; ce qu'ils racontent ne me concerne pas, ne m'interroge pas et ne répond pas d'avantage au question que je pose ou que je voudrai poser.
Ce qui se passe vraiment, ce que nous vivons, le reste, tout le reste, ou est-il? Ce qui se passe chaque jour et qui revient chaque jour, le banal, le quotidien, l'évident, le commun, l'infra-ordinaire, le bruit de fond, l'habituel, comment en rendre compte, comment l'interroger, comment le décrire?"
Extrai de la préface de l'infra-ordinaire, de Perec

vendredi 8 février 2008

Pripiat



Pripiat, Photographiée par Yann Arthus Bertrand. http://www.yannarthusbertrand.com

ville proche de Tchernobyl, abandonnée après l'explosion. L'évacuation de toute la population s'est faite en 30 heure. Ville morte, dépeuplée mais intacte. Ruine?

La ville existe toujours véritable ville pétrifiée. Témoin de ce qu'était cette ville. Impécable réplique. Ville fantôme inanimée. Seule la nature continue à l'altérer.

mardi 18 décembre 2007

accidents volontaires - Paul Virilio - Fondation Cartier

14 septembre 2001, New York, États-Unis
Ruines du World Trade Center.


23 septembre 2001, New York, États-Unis
Image aérienne des ruines du World Trade Center.



11 octobre 1994, Venissieux, Rhône, France
Destruction par implosion de 6 tours HLM, la plus importante jamais réalisée en France.

accidents naturels

9 janvier 1998, Montréal, Canada
Effondrement de pylônes électriques en raison du poids du gel accumulé sur les fils : 3 millions de personnes privées d'électricité au Canada.

21 septembre 1999, Wufeng, Taiwan
Effondrement d'un hôtel après le tremblement de terre le plus important du siècle à Taïwan, de magnitude 8,1 sur l'Échelle de Richter : 1546 morts et 3841 blessés.
Le cubisme d'une réussite antisismique.

www.onoci.net/virilio/pages/accidents/fiche.php?id=2&th=1&rub=1_3

Avertissement (extrait de présentation de l'exposition)
de Paul Virilio

"« Un trait, entre tous distinctif, oppose la civilisation contemporaine à celles qui l’ont précédée : la vitesse. La métamorphose s’est produite en l’espace d’une génération », constatait dans les années trente l’historien Marc Bloch.
Cette situation entraîne à son tour, un second trait : l’accident. La généralisation progressive d’événements catastrophiques qui affectent non seulement la réalité du moment, mais causent l’anxiété et l’angoisse pour les générations à venir.
D’incidents en accidents, de catastrophes en cataclysmes, la vie quotidienne devient un kaléidoscope où nous affrontons sans cesse ce qui vient, ce qui survient inopinément, pour ainsi dire ex abrupto… Dans le miroir brisé, il faut alors apprendre à discerner ce qui arrive, de plus en plus souvent, mais surtout de plus en plus rapidement, de manière intempestive voire simultanée.
Devant cet état de fait d’une temporalité accélérée qui affecte les mœurs, l’Art aussi bien que la politique des nations, une urgence s’impose entre toutes : celle d’exposer l’accident du Temps."

http://www.onoci.net/virilio/pages/virilio/avertissement